Opinion

Remboursement des médicaments innovants : Priorité sur la mise en place d’une politique pharmaceutique novatrice

La Belgique est à la traîne en matière remboursement des nouveaux médicaments par rapport à de nombreux pays européens dont le niveau de vie et les systèmes de santé sont similaires aux nôtres. Selon le dernier indicateur EFPIA WAIT, seuls 54 % des nouveaux médicaments ont été remboursés en Belgique, contre 92 % en Allemagne, 70 % aux Pays-Bas ou 66 % en France. Dans certains exemples récents, la Belgique était l'un des derniers pays d'Europe à rembourser un médicament.

Pourquoi les brevets sont-ils si importants pour l'innovation ?

L'industrie biopharmaceutique est un secteur innovant par excellence. Les percées dans le domaine des médicaments qu'elle développe sont vitales pour de nombreux patients. Rien qu'en Belgique, ces entreprises ont investi plus de 5 milliards d'euros dans la recherche et le développement l'année dernière.

Le budget des médicaments a besoin de plus d'oxygène

En principe, le budget des soins de santé est automatiquement augmenté par l'inflation. De cette manière, les coûts galopants et les augmentations de salaires sont répercutés sur le budget de l'INAMI, sans que ces dépenses supérieures au budget soient imputées comme un dépassement. Cela fait du sens.  Il est donc d'autant plus remarquable que ce raisonnement ne soit pas étendu au budget des médicaments. 

La politique de soutien à l’innovation porte ses fruits

La Belgique joue la carte de l'innovation depuis un certain temps déjà. En tant que pays caractérisé par une charge fiscale et parafiscale élevée, il est logique de réduire les charges de manière ciblée afin de retenir et d'attirer davantage les investissements à haut risque dans l'innovation. Une telle politique permet l'épanouissement des activités à forte valeur ajoutée et de l'emploi. En outre, le secteur pharmaceutique investit dans un domaine important qui profite à la santé de la population. 

La stratégie pharmaceutique européenne : opportunités et menaces

La Commission européenne travaille sur une nouvelle stratégie pharmaceutique pour l'Europe. Deux objectifs sont primordiaux. Premièrement, préserver la position concurrentielle de l'Europe afin de maintenir, voire de renforcer, une industrie pharmaceutique forte et innovante et d'être ainsi un lieu d'investissement attrayant pour la recherche et le développement. Deuxièmement, veiller à ce que les innovations pharmaceutiques profitent au plus grand nombre possible de citoyens et de patients en Europe. C'est également un point d'attention pour la Belgique. Une étude comparative montre qu’ environ seule la moitié des nouveaux traitements approuvés par l'Agence européenne des médicaments sont remboursés dans notre pays.

La collaboration entre l'industrie pharmaceutique et le secteur de la santé est essentiel

Pendant le processus de R&D, mais aussi plus tard, lorsqu'un médicament est mis sur le marché, les entreprises pharmaceutiques travaillent en étroite collaboration avec les médecins et le secteur de la santé. Ces dernières années, les entreprises pharmaceutiques innovantes ont investi près de 200 millions d'euros par an dans des collaborations avec la communauté médicale belge (universités, hôpitaux, prestataires de soins, etc.) et les associations de patients en Belgique. 70 % de ces investissements concernent la recherche scientifique, principalement des études cliniques. Une bonne coopération entre l'industrie et les prestataires de soins de santé et les associations de patients permet de réaliser des progrès médicaux dans l'intérêt du patient

Pourquoi un pacte avec le gouvernement est-il si important pour l'industrie pharmaceutique

L'accord de coalition fédéral du 30 septembre 2020 a annoncé un nouveau pacte avec l'industrie pharmaceutique : "...un secteur innovant que nous voulons maintenir et renforcer en Belgique. Outre l'innovation, l'accessibilité, les pénuries et la déontologie, le pacte doit également intégrer la responsabilité budgétaire du secteur afin que le patient puisse en tirer le maximum de bénéfices. Nous faisons de la Belgique une véritable ‘health and biotech valley', où la R&D, les essais cliniques et la production sont stimulés dans notre pays."

En raison de la crise du COVID-19, les discussions ont été quelque peu retardées. Mais maintenant que la pandémie semble se transformer en endémie, grâce notamment à la campagne de vaccination très réussie, le moment est venu de relancer le dialogue.

Les patients souffrant de maladies rares devraient pouvoir être traités plus rapidement avec les nouveaux médicaments orphelins

En 2014, la Belgique était l’un des 20 pays européens à avoir élaboré un plan national pour les maladies rares. Notre pays allait même plus loin que les encouragements européens, en instaurant des mesures incitatives supplémentaires à son plan.

Ne laissons pas le système de remboursement actuel freiner l’accès aux thérapies cellulaires et géniques pour les patients

La dernière génération de médicaments, appelés thérapies cellulaires, géniques ou tissulaires, représente une avancée majeure en médecine. Ces médicaments ciblent souvent des maladies graves ou rares et peuvent être en mesure de réduire considérablement le fardeau de la maladie, voire de la guérir.

Position de pharma.be concernant la réforme du secteur hospitalier

Le 28 janvier, le ministre Vandenbroucke a annoncé une réforme très ambitieuse du secteur hospitalier, s'appuyant en partie sur les réformes déjà engagées par le gouvernement précédent.

La réforme concerne en première instance l'offre de soins dans les hôpitaux, en s'appuyant sur les réseaux constitués sous le gouvernement précédent. Le principe de base est d'assurer la proximité des soins pour les patients, mais aussi de concentrer les soins - notamment les soins spécialisés - pour garantir la qualité et améliorer la coût-efficacité. Durant cette législature, plusieurs étapes préparatoires seront franchies afin de procéder à une révision de l'offre en 2025.

Toutes les nouvelles molécules ne débouchent pas sur un médicament, mais l'industrie pharmaceutique ne baisse pas les bras

Grâce aux percées de la médecine, d'énormes progrès ont été réalisés ces dernières décennies pour non seulement vivre plus longtemps, mais aussi vivre mieux. Des médicaments plus performants et innovants ont joué un rôle important à cet égard. Mais malheureusement, le travail n'est pas encore terminé.

Des économies suffisantes sur les médicaments innovants

Le gouvernement De Croo est tenu de rechercher des économies suffisantes pour remettre le budget belge sur les rails en 2022. Toutefois, l'accord de coalition prévoit que les dépenses de santé peuvent augmenter de 2,5% par an en termes réels au cours de cette législature. C’est compréhensible, notamment en raison du vieillissement de la population et des nouveaux besoins en matière de soins de santé. Il est souvent fait référence aux nouveaux médicaments innovants qui seraient responsables d'une forte croissance des coûts des soins de santé.

Les brevets ne sont pas l'obstacle au déploiement massif des vaccins, bien au contraire

Malheureusement, la pandémie de COVID n'a pas encore été vaincue, malgré les efforts considérables de la population et la campagne de vaccination décisive menée dans notre pays. Ce nouveau virus ne peut apparemment pas être contenu par une campagne de vaccination unique. Des rappels de vaccins sont nécessaires, des populations plus larges (les enfants) doivent également être protégées et dans certaines parties du monde, la campagne de vaccination n'en est qu'à ses débuts, ce qui rend difficile l'arrêt de la pandémie. Les experts s'accordent à dire que sans le développement rapide de vaccins contre le COVID, la souffrance humaine aurait été bien pire.

Become a member

Intéressé(e) à recevoir les nouvelles de pharma.be

Etre au courant de ce qui vie au sein de l'industrie pharmaceutique ? Inscrivez-vous à notre lettre d'information.