Les médicaments, une source de recettes pour le trésor public belge

Newsletter
Information
Secteur
Impact social
Budget
Remboursement

Une empreinte économique qui profite directement à l’État

La Belgique peut s’appuyer sur un secteur biopharmaceutique particulièrement solide. Ce secteur garantit des dizaines de milliers d’emplois hautement qualifiés, des investissements colossaux dans la recherche et le développement (R&D), et occupe la première place mondiale en termes d’exportations par habitant. Cet écosystème économique génère chaque année un flux substantiel de recettes pour l’État. 

Une part importante de ces recettes provient des contributions directes. Il s'agit, d’une part, des charges sur le travail, dont le précompte professionnel et les cotisations sociales prélevées sur les salaires des travailleurs. Compte tenu de la taille du secteur et de la qualité des emplois, ces contributions atteindront en 2024 un montant substantiel d'environ 3 milliards d'euros. D’autre part, l’État bénéficie des impôts et taxes acquittés par le secteur, tels que l’impôt des sociétés, la TVA, les taxes professionnelles et les contributions à l’INAMI, qui devraient représenter ensemble plus de 2,8 milliards d’euros en 2024.

Outre ces contributions directes, le secteur génère également des recettes indirectes pour les pouvoirs publics. Celles-ci découlent de la vaste activité économique que le secteur crée par le biais d'achats nationaux de matières premières, de marchandises, de services et de biens divers. Ces transactions génèrent ailleurs dans l'économie un chiffre d'affaires et des emplois supplémentaires. Cela se traduit là encore par des recettes pour les pouvoirs publics. En 2024, ces recettes indirectes représentaient environ 1 milliard d'euros supplémentaires. 

Tous ces chiffres ont été calculés selon une méthodologie transparente et reproductible, expliquée en détail dans le Report to Society 2025 de pharma.be.

Un excédent net remarquable en faveur des pouvoirs publics

Au total, le secteur biopharmaceutique a généré environ 6,8 milliards d’euros de recettes pour les pouvoirs publics belges en 2024, tandis que les dépenses publiques consacrées au secteur se sont limitées, la même année, à environ 4,6 milliards d’euros pour les médicaments et les vaccins. Les pouvoirs publics ont donc perçu plus de 2 milliards d’euros de plus qu’ils n’en ont dépensé, ce qui représente un excédent net remarquable.

Coûts et bénéfices du secteur biopharmaceutique pour les finances publiques

Cet excédent net n’est ni un hasard ni un phénomène ponctuel. Le solde est positif depuis des années et connaît également une forte croissance : de 197 millions d’euros en 2015 à 1,1 milliard d’euros en 2022, pour finalement dépasser les 2 milliards d’euros en 2024. Cette évolution illustre comment, année après année, la performance économique du secteur se traduit par des recettes croissantes pour l’État, nettement supérieures aux montants qu’il consacre au remboursement des médicaments.

Recettes nettes du secteur biopharmaceutique pour les finances publiques (en milliards d'euros)

Les médicaments permettent à la population de rester active et en bonne santé

Les effets des nouveaux médicaments sur les patients et leur entourage ne sont pas encore pris en compte. Ils guérissent ou contrôlent les maladies, ce qui permet aux patients de vivre plus longtemps et de bénéficier d’une meilleure qualité de vie. Grâce à des traitements efficaces, les personnes retrouvent souvent une partie de leur vie normale : elles peuvent recommencer à travailler, reprendre leurs activités sociales ou se rendre moins souvent à l’hôpital. Le gain en matière de santé se traduit donc également par un gain économique, pour les patients, les employeurs et la société. Cette plus-value économique positive s’ajoute à l’excédent net en faveur des pouvoirs publics belges. 

Un excédent net unique

La Belgique occupe ainsi une position unique au monde et constitue l'exception où le bilan penche en faveur des pouvoirs publics. Dans la plupart des pays, les dépenses en médicaments, auxquelles les pouvoirs publics ne peuvent échapper, sont compensées par des recettes bien moindres pour l’État, générées par l’activité économique du secteur. Ce modèle suscite donc un intérêt international, car il illustre comment un secteur biopharmaceutique fort profite à la fois à la santé publique et aux finances publiques.

Regard vers l'avenir : préserver cette valeur ajoutée unique

Cette situation unique n’est pas le fruit du hasard, mais résulte en partie d’une politique menée depuis des années qui a créé un climat favorable au secteur biopharmaceutique. Pensons à la qualité de nos hôpitaux et de nos instituts de recherche, au soutien apporté aux activités de R&D, au talent de notre main-d'œuvre, à la spécialisation des partenaires logistiques et à l'efficacité de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Les décideurs politiques doivent donc tout mettre en œuvre pour préserver et renforcer cet atout.

La Belgique se doit de rester attractive pour les investissements des entreprises biopharmaceutiques. La stabilité et la prévisibilité en matière de réglementation et de fiscalité sont cruciales, tout comme l’accès de leurs médicaments au marché belge. Les entreprises investissent plus volontiers dans un environnement où elles ont confiance en l’avenir. Un climat compétitif, propice à l’innovation et exempt de mesures d’économie ad hoc excessives, est essentiel pour permettre à la Belgique de préserver sa position de leader.

Par ailleurs, les patients comme l’économie tireraient pleinement parti d’un remboursement et d’une mise à disposition rapides des médicaments innovants en Belgique. Un accès plus aisé favorise également l’attractivité du pays pour les essais cliniques et le lancement de produits, ce qui renforce encore le secteur local et génère ainsi davantage d'emplois et de revenus.

La Belgique est la preuve que l'investissement dans le secteur biopharmaceutique est rentable. Nous bénéficions d'excellents soins de santé et, parallèlement, le secteur génère des recettes supplémentaires pour l'État. Nous devons ainsi continuer à soutenir et à développer cette dynamique positive. C'est pourquoi le gouvernement et le secteur doivent agir sans tarder, car de nombreux chiffres économiques récents sont dans le rouge. La forte empreinte économique actuelle et les recettes publiques qui en découlent sont en jeu. Et il ne restera alors plus que les dépenses en médicaments. 

Thomas-Cloots
Thomas Cloots
Economic Advisor
Geert-Steurs
Geert Steurs
Economics Director - Chief Economist
Become a member

Intéressé(e) à recevoir les nouvelles de pharma.be

Etre au courant de ce qui vit au sein de l'industrie pharmaceutique ? Inscrivez-vous à notre lettre d'information.