3-73-1 : Trois simples chiffres derrière une histoire de santé complexe
Waarom België zijn pharma valley niet mag verliezen
pharma.be présente aujourd'hui son nouveau Report to Society. Cette année, l'un des thèmes abordés est le suivant : quelle est la force de notre « Pharma Valley » ? Cette question est expliquée à l'aide de trois chiffres qui montrent à la fois la force et la vulnérabilité du secteur.
Top 3 en Europe : oui et non
La Belgique reste l'un des trois premiers pays d'Europe en matière de produits biopharmaceutiques, portée par un écosystème solide regroupant à la fois des entreprises, des universités, des hôpitaux et des sites de production. Sur la scène internationale, toutefois, la pression s’accentue. Pour la première fois, nous ne figurons plus dans le trio européen de tête en matière d’emploi et de productivité.
Notre Report to Society rappelle l'importance du secteur. Champion des exportations depuis des années, les entreprises biopharmaceutiques pèsent lourd dans la part des exportations de la Belgique et génère des dizaines de milliers d’emplois hautement qualifiés. Mais 2025 est aussi une année charnière : budgets plus serrés, nouvelles règles sur des marchés clés et ralentissement des investissements font baisser les chiffres. Nous traversons une période d'austérité, de pression sur les prix et de perturbation des chaînes d'approvisionnement.
L’Europe a longtemps bénéficié de la volonté américaine de stimuler et valoriser l’innovation. Or cette volonté s’essouffle. Personne ne continuera à financer les investissements que nous n'osons plus faire nous-mêmes. Au final, ni l'innovation belge et encore moins les patients ne devraient être amené à payer la facture.
73 % des gains d'espérance de vie
Le deuxième chiffre, 73, concerne le gain d'espérance de vie. Des études estiment qu'environ 73 % des années de vie supplémentaires observées dans les pays prospères sont liées aux nouveaux médicaments. Ceux-ci permettent de réduire le nombre d'hospitalisations et de complications, d'augmenter le nombre d'années de vie en bonne santé et d'accroître la productivité. Au sein d’une société qui vieillit, ce n'est pas un luxe. Maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, nouveaux cancers ne pourrons être guéris avec ce qui se trouve aujourd'hui dans notre armoire à pharmacie. Nous avons besoin de médicaments révolutionnaires si nous voulons que les gens vivent et travaillent plus longtemps en bonne santé. Ce besoin est d'autant plus important que la réforme des pensions nous oblige à rester plus longtemps au travail, que les malades de longue durée doivent être réintégrés plus rapidement sur le marché du travail et que l’espérance de vie continue de croître.
1 euro sur 10 pour les médicaments
Les médicaments représentent environ 1 euro sur 10 du budget des soins de santé et environ 1,1 % du PIB de la Belgique. Il s'agit donc d'une part très modeste dans l’ensemble des dépenses en soins de santé. Ceux qui disent que les médicaments innovants pèsent trop sur le budget des soins de santé se trompent. En effet, le budget des médicaments a été fortement réduit au cours des dernières décennies. Si nous étions restés au niveau d'il y a vingt ans, nous disposerions d'environ 3 milliards d'euros de ressources supplémentaires pour traiter les patients et soutenir l'innovation dans les soins de santé. Chaque euro que nous investissons aujourd'hui dans des thérapies efficaces génère jusqu'à 4 euros de soins évités grâce, entre autres, à la réduction des complications et des handicaps et à l'amélioration de la qualité de vie.
Le débat politique met trop souvent l'accent sur les médicaments les moins chers, principalement pour réduire encore davantage le budget. Mais il s'agit de médicaments anciens, fondé sur une science datant d'il y a 10 à 15 ans, et souvent des copies de médicaments qui étaient autrefois révolutionnaires. Les vieux médicaments sont de bons remèdes pour un budget malade, mais pas toujours pour un patient malade. Il y a vingt ans, si nous n’avions remboursés que les médicaments les moins chers, de nombreuses personnes mourraient encore aujourd'hui de certains cancers ou du VIH. Sans innovation, le pipeline des améliorations se tarit.
Les enjeux de ce débat dépassent le compte de résultat d'un secteur. Une stratégie cohérente en matière de sciences de la vie, ancrant les essais cliniques et la production dans notre pays, un système de remboursement donnant la priorité aux médicaments révolutionnaires et des politiques qui investissent suffisamment dans l'innovation détermineront si le cercle croissance économique, années de vie en bonne santé et une sécurité sociale durable restera bouclé.
Quels choix oserons‑nous faire aujourd’hui pour la santé de demain ? La question est aussi simple qu’urgente, et le Report to Society 2025 la pose clairement.
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