La Belgique reste parmi les leaders européens dans le domaine des sciences de la vie, mais l'Europe perd du terrain dans la course à l'innovation
Les derniers "EU Pharma Figures" montrent que la Belgique figure toujours parmi les leaders européens, mais que l’Europe elle-même est à la traîne dans la course mondiale à l’innovation. Notre position est solide, mais elle ne va pas de soi. Si l’Europe et la Belgique ne font pas preuve de plus d’ambition, les investissements, les talents et les avancées de demain se dirigeront de plus en plus souvent vers d’autres horizons.
pharma.be, l'association et le centre d'expertise des entreprises biopharmaceutiques innovantes en Belgique, publie aujourd'hui son rapport annuel « EU Pharma Figures ». Il en ressort que la Belgique figure toujours parmi les leaders européens en matière d'innovation biopharmaceutique. Notre pays occupe la première place en termes d'investissements en R&D par habitant et se classe parmi les meilleurs d'Europe en matière d'emploi, de productivité et d'exportations dans ce secteur.
Pourtant, un signal d’alerte se fait de plus en plus pressant : alors que la Chine et les États-Unis creusent leur avance, l’Europe prend de plus en plus de retard dans la course mondiale à l’innovation, aux talents et aux investissements. En Belgique aussi, de nombreux indicateurs sont au rouge en 2025 :
- pour la deuxième année consécutive, le nombre d’emplois dans le secteur biopharmaceutique est en baisse (- 0,5 %) ;
- les demandes de brevets biopharmaceutiques ont enregistré une baisse de 15,3 % ;
- les exportations de produits biopharmaceutiques ont connu un recul de 6,8 %.
Secteur d'excellence innovant ou variable d'ajustement budgétaire
Selon pharma.be, le prochain budget montrera à quel point les décideurs politiques prennent réellement au sérieux leurs ambitions en matière d'innovation.
Le secteur a donc lancé une Life Sciences Declaration (Déclaration sur les sciences de la vie), qui appelle à faire de la Belgique la référence européenne en matière de santé et de sciences de la vie. Un soutien accru aux chercheurs, un climat d’investissement plus attractif, une politique d’innovation plus forte et une meilleure valorisation des avancées médicales sont à cet égard essentiels.
De plus, selon pharma.be, les dépenses liées au remboursement des médicaments ont diminué depuis le début du siècle par rapport au PIB. En raison de mesures d’économie persistantes, de décisions de non-remboursement des innovations et de réductions de prix imposées, nous ne consacrons qu’environ 0,5 % du PIB belge aux médicaments innovants, alors que ceux-ci ont un impact sociétal bien plus large. Ils aident les gens à rester en bonne santé et actifs plus longtemps, réduisent l’absentéisme pour cause de maladie et allègent la pression sur notre système de soins.
Aujourd'hui, la Belgique figure encore parmi les leaders européens, mais la question est de savoir pour combien de temps encore. Alors que les États-Unis et la Chine investissent massivement dans l'industrie de demain, l'Europe risque de se mettre elle-même hors jeu. Nous ne pouvons pas affirmer que les sciences de la vie constituent un secteur stratégique tout en prenant des décisions qui freinent l’innovation. Un secteur qui crée des milliers d’emplois hautement qualifiés, attire des investissements, améliore la santé de la population et renforce notre économie mérite une politique qui l’aide à avancer, pas qui le freine.
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