Antibiotiques

pharma.be insiste beaucoup sur l’importance des antibiotiques, des traitements extrêmement précieux pour favoriser la santé de l’homme et de l’animal. Leur processus de développement est long et complexe et demande par conséquent des investissements importants de la part du secteur pharmaceutique. Il est essentiel que ces médicaments fassent l’objet d’un usage correct et rationnel, qui limite le plus possible la survenue de résistances aux antimicrobiens.

Ce n’est que moyennant une stratégie d’utilisation durable que nous pourrons continuer à compter sur les antibiotiques à plus long terme et garantir la préservation de la santé animale et de la santé publique.

Responsible Use of Antibiotics: As little as possible, as much as necessary - by AnimalhealthEurope

L’AMCRA, le centre de connaissances Antimicrobial Consumption and Resistance in Animals en Belgique

Pour préserver la santé publique et la santé et le bien-être des animaux, le centre d’expertise AMCRA se bat pour faire reculer la résistance aux antibiotiques dans notre pays. Pour réaliser cet objectif, l’AMCRA formule des avis qu’il diffuse en toute neutralité et en toute objectivité, tout en réalisant un important travail de sensibilisation pour parvenir en Belgique à une réduction rationnelle de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire. Son action a un impact majeur sur la santé publique des générations tant actuelle que futures.

Les membres de l’AMCRA ont rédigé conjointement une vision 2020, une feuille de route qui avance des pourcentages de réduction ambitieux mais réalisables à l’horizon 2020 – réduction de moitié de l’utilisation globale des antibiotiques et baisse de 75 % du recours aux produits les plus critiques. En ce qui concerne les aliments médicamenteux, l’organisation place la barre plus haut encore, puisqu’elle préconise une baisse de 50 % d’ici à 2017.

Consultez la Vision 2020 et la position de pharma.be

L’AMCRA est soutenue et financée par les partenaires suivants :

  • l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA)
  • l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS)
  • la Commission Belge de Coordination de la Politique Antibiotique (BAPCOC)
  • l’Association Générale de l’Industrie du Médicament (pharma.be)
  • l’Agrofront : la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA), le Boerenbond (BB) et l’Algemeen Boerensyndicaat (ABS)
  • l'Association Professionnelle des Fabricants d'Aliments Composés pour Animaux (BEMEFA)
  • le Conseil Régional néerlandophone de l’Ordre des Vétérinaires (NGROD)
  • la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Gand (UGent)
  • la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège (ULg)

pharma.be est l’un des membres fondateurs de l’AMCRA.

Lutte contre L'antibioresistance en médecine vétérinaire en Belgique: 

2017 est la meilleure année depuis la mise en place des objectifs communs de réduction d’utilisation d’antibiotiques fixés par l’AMCRA, les Autorités et les secteurs signataires de la « convention antibiotique » du 30 juin 2016. Une réduction de 7,4% de l’utilisation globale d’antibiotiques en médecine vétérinaire par rapport à 2016 a été réalisée.

Deux des trois objectifs stratégiques ont en outre d’ores et déjà été largement atteints :

  1. une réduction cumulative de 84% de l’utilisation d’antibiotiques critiques (pour un objectif de réduction de 75% fin 2020).

  2. une réduction de 66,6% pour les aliments médicamenteux à base d’antibiotiques (pour un objectif de réduction de 50% fin 2017).

Pour consulter le communiqué de presse d'AMCRA, cliquez ici.

Découvrez le rapport complet en cliquant sur ce lien : belvet-sac_rapport_2017

L'analyse de notre expert Davy Persoons, coordinateur Animal Health pharma.be

Le rapport BelVet-SAC, publié fin juin montre que la consommation d’antibiotiques chez les animaux a à nouveau diminué de 7,4 % depuis 2016. Par rapport à l’année de référence 2011, l’utilisation d’antibiotique a baissé de plus d’un quart (-26%). Ceci est le résultat d’une collaboration intensive entre les autorités et tous les secteurs concernés. Cette collaboration, qui a débuté en 2012 avec la création de l’AMCRA, le centre de connaissances concernant l'utilisation et les résistances des antibiotiques chez les animaux, a été pérennisée en juin 2016 grâce à une convention entre la ministre fédérale de la Santé Publique Maggie De Block et le ministre fédérale de l’Agriculture Willy Borsus.

Cette convention fixe trois objectifs majeurs :

  • Une baisse de 50 % de la quantité d’antibiotiques apportés par les aliments pour animaux d’ici fin 2017.

  • Une baisse de 75 % de la quantité d’antibiotiques d’importance critique d’ici fin 2020.

  • Une baisse de 50 % de la quantité totale d’antibiotiques utilisés chez les animaux d’ici fin 2020.

(par rapport à l’année de référence 2011).

D’ores et déjà, les deux premiers objectifs ont été atteints:

  • Fin 2017, la quantité d’antibiotiques utilisés dans les aliments médicamenteux enregistrait une baisse de 66% par rapport à 2011.

  • La quantité d’antibiotiques d’importance critique a baissé de plus de 84 % trois ans avant la date prévue.

  • Pour le dernier objectif, une baisse de 50 % de la quantité totale d’antibiotique, d’ici fin 2020, nous sommes à mi-chemin.

Ceci démontre que les agriculteurs et les vétérinaires travaillent davantage à la prévention des maladies animales et n’opèrent pas un glissement d’une catégorie d’antibiotiques vers une autre. La prévention des maladies animales porte ses fruits. Si les animaux ne tombent pas malades, ils ne doivent pas être traités par antibiotiques. En misant sur la biosécurité, les mesures préventives et la vaccination, la consommation continuera de baisser régulièrement de manière rationnelle. Cependant, une suppression totale de l’utilisation des antibiotiques ne sera jamais possible. Les animaux malades ont en effet le droit d’être traités, tout comme les êtres humains. C’est en réservant ces médicaments aux cas où ils sont vraiment nécessaires que nous pourrons limiter au mieux une augmentation l’antibiorésistance, et préserver ainsi l’efficacité de nos antibiotiques le plus longtemps possible.

Une telle approche sectorielle, comme celle d’AMCRA, soutenue par les autorités et en concertation avec celles-ci témoigne d’une collaboration unique. La Belgique a été un des premiers pays européens à aborder la menace de l’antibiorésistance de cette manière. Et les résultats montrent que cela fonctionne. Cette collaboration nous permet de réduire de façon rationnelle la consommation d’antibiotiques chez les animaux, grâce à une approche durable bénéficiant d’un large soutien, et ce tout en préservant la santé et le bien-être animal.

Davy Persoons