pharma.be appelle à mettre en oeuvre des moyens radicaux contre le virus de l'hépatite C

28/07/2015

Environ 170 millions de personnes à travers le monde sont contaminées par le virus de l'hépatite C, l'une des causes les plus fréquentes d'inflammation chronique du foie. D'après les estimations, quelque 70.000 individus seraient concernés dans notre pays. Trois nouveaux traitements puissants capables de guérir l'hépatite C sont remboursés par l'INAMI depuis le 1er janvier 2015.


Journée Mondiale contre l'Hépatite

À l'occasion de la Journée Mondiale contre l'Hépatite, ce 28 juillet 2015, pharma.be - l'association générale de l'industrie du médicament qui regroupe 140 firmes biopharmaceutiques innovantes - souhaite braquer les projecteurs sur les avancées enregistrées dans la lutte contre le virus de l'hépatite C.

Catherine Rutten, CEO de pharma.be : « Nous sommes à la veille d'une ère nouvelle dans la prise en charge de l'hépatite C. En Belgique, plusieurs firmes pharmaceutiques ont récemment mis de nouveaux traitements sur le marché ou ont des produits de ce type dans leur pipeline. Ces antiviraux innovants autorisent une thérapie de plus courte durée que les traitements classiques contre le virus de l'hépatite C, avec significativement moins d'effets secondaires et des chances de guérison pouvant atteindre 95 %. pharma.be plaide en faveur d'un élargissement des conditions de remboursement de ces produits afin de permettre à davantage de patients contaminés d'accéder à ces thérapies essentielles. »

Des faits et des chiffres

Le virus de l'hépatite C se transmet principalement par le sang. Environ 20 % des infections nouvellement contractées disparaissent de façon spontanée, mais 80 % des patients développeront une inflammation hépatique chronique débouchant sur une atteinte du foie (fibrose) [1].

L'infection connaît généralement une évolution très lente. La plupart des patients se sentent en parfaite santé et restent exempts de symptômes durant 10 à 20 ans, ce qui explique pourquoi la moitié des quelque 70.000 Belges porteurs du virus le sont à leur insu [2][3].

Des traitements révolutionnaires remboursés

S'ils restent sans traitement, un tiers des patients contaminés développeront après une période moyenne de 20 ans une cirrhose hépatique voire un cancer du foie. L'infection par le virus de l'hépatite C est une cause majeure de transplantation hépatique.

Ces dernières années ont été développés un certain nombre de nouveaux médicaments qui représentent une réelle percée dans la lutte contre l'hépatite C. Ces antiviraux sont susceptibles de guérir jusqu'à 95 % des patients au prix d'un traitement significativement plus court qu'avec les médicaments classiques, et qui provoque en outre moins d'effets secondaires [4].

Depuis le 1er janvier 2015, l'INAMI rembourse trois de ces nouveaux antiviraux puissants - un grand pas en avant par rapport à la situation lors de la dernière Journée Mondiale contre l'Hépatite de 2014 ! Les firmes pharmaceutiques poursuivent toutefois leurs efforts d'innovation et l'Agence Européenne du Médicament (EMA) a également depuis lors octroyé une autorisation de mise sur le marché à un certain nombre d'autres antiviraux. Selon toute vraisemblance, une demande de remboursement sera donc introduite prochainement auprès des autorités belges pour ces produits.

Le nombre de décès et de complications graves peut être fortement réduit

À l'heure actuelle, le remboursement des nouveaux traitements contre l'hépatite C est limité en Belgique aux patients présentant des dommages hépatiques sévères (fibroses de stades 3 et 4). Ils doivent en outre être prescrits par un médecin rattaché à un hôpital universitaire. Le gouvernement a choisi de poser ces conditions au vu du nombre important de patients contaminés et du coût élevé du traitement.

Une étude réalisée par des spécialistes de l'hépatologie et des universitaires belges démontre toutefois que les nouveaux médicaments permettraient de réduire de moitié le nombre de décès et de complications graves consécutives à l'hépatite C à l'horizon 2030. Le nombre de nouvelles contaminations pourrait en outre être abaissé d'un tiers [5]. Il va sans dire que ceci représenterait une économie substantielle pour les soins de santé, par exemple en évitant des transplantations hépatiques onéreuses et risquées.

De tels résultats spectaculaires ne sont toutefois possibles qu'à condition de traiter davantage de patients. Élargir les conditions de remboursement actuelles permettrait déjà d'ouvrir à davantage de malades l'accès à ces nouveaux médicaments.

Un appel à prendre des mesures radicales contre le virus de l'hépatite C

Tout comme les autres acteurs du secteur de la santé, pharma.be attend avec impatience les nouvelles initiatives de la Ministre de la Santé publique Maggie De Block pour élargir l'accès à ces traitements innovants contre l'hépatite C en 2016. Catherine Rutten de pharma.be insiste sur l'importance d'une approche intégrale : « Les nouveaux traitements révolutionnaires s'accompagnent de taux de guérison exceptionnellement élevés et peuvent améliorer la qualité de vie de milliers de patients belges atteints d'hépatite C. pharma.be espère qu'une collaboration pourra être nouée dans le futur avec les pouvoirs publics pour continuer à élargir l'accès aux nouveaux traitements. L'engagement de l'ensemble des acteurs impliqués est nécessaire pour faire face de manière radicale à ce virus insidieux. »

Pour de plus amples informations :

Porte-parole pharma.be : Stefaan Fiers (02 661 91 27 - 0476 76 90 77) - sf@pharma.be

[1]Chen SL et al. The Natural History of Hepatitis C Virus 'HCV° Infection. Int J Med Sci. (2006; 3(2): 47-52)).

[2]CBIP: Traitement de l'hépatite C

[3]Vlaams Hepatitis Contactpunt vzw

[4]Liang TJ et al. Current and future therapies for hepatitis C virus infection. The New England Journal of Medicine (2013;368;1907-1917).

[5]Stärkel P et al. The disease burden of hepatitis C in Belgium: development of a realistic disease control strategy. Acta Gastroenterologica Belgica (2014;77:280-284); Ugent: "We kunnen hepatitis C doen verdwijnen" (2014).