Davy Persoons (pharma.be) : « Une approche durable en Belgique pour réduire l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux »

11/10/2017

Davy Persoons, Animal Health Coordinator chez pharma.be, réagit aux chiffres de BelVetSAC 2016, un rapport annuel de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Gand, qui analyse l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux en Belgique.

  

« Le rapport BelVetSAC 2016 montre que la Belgique est en bonne voie d’atteindre son objectif de réduction de 50 % de l’utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire d’ici 2020 [1]. Ces dernières années, plusieurs initiatives ont été prises en Belgique en vue d’une utilisation durable des antibiotiques dans l’élevage. Par exemple, en 2016, tous les secteurs concernés par la médecine vétérinaire ont signé un accord dans ce sens avec le gouvernement fédéral. La Convention en question privilégie une approche corégulatrice [2].

Cette dernière permet de s’engager dans une voie stable et progressive de réduction de l’utilisation des antibiotiques. Dans ce cadre, la biosécurité, la vaccination et d’autres mesures préventives visant à réduire les maladies occupent une place centrale. La convention donne aux éleveurs et aux vétérinaires un cadre, en particulier temporel, au sein duquel ils peuvent adapter leur politique aux nouveaux objectifs.

Les chiffres annuels du rapport BelVetSAC 2016 présentent les premiers résultats de cette approche durable et résolue :

  • En 2016, l’utilisation d’antibiotiques critiques chez les animaux a diminué de 53 %. Sont en particulier concernées les fluoroquinolones et les céphalosporines de troisième et quatrième génération. Il s’agit d’antibiotiques que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère comme ayant une importance critique pour l’être humain [3]. Dans une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale («One Health » [4]), les antibiotiques critiques peuvent être utilisés uniquement si aucun autre antibiotique ne peut guérir l’animal ou si ce dernier se trouve dans une situation potentiellement mortelle. Afin de garantir leur fonctionnement efficace, il est important de se servir des antibiotiques précieux avec prudence, tant chez les humains que chez les animaux.

  • Le recours à des antibiotiques en mélange médicamenteux, administrés par le biais des aliments pour animaux, a entre-temps reculé de 38 % au cours des cinq dernières années. Des efforts sont encore nécessaires pour atteindre le premier objectif de la convention : une diminution de ce type d’antibiotique de 50 % d’ici à fin 2017.

On observe une légère augmentation de l’utilisation d’antibiotiques chez les petits animaux domestiques en 2016. Elle concerne un certain nombre d’antibiotiques enregistrés exclusivement pour ces animaux. D’autres produits multi-espèces, également employés chez les petits animaux de compagnie, ne sont pas inclus dans ce rapport. En outre, il n’existe pas de dénominateur (nombre d’animaux) connu permettant de mieux exploiter ces données.

La convention offre un cadre au sein duquel tous les acteurs se concentrent sur une utilisation responsable des antibiotiques. Elle donne un rôle central aux vétérinaires, dont l’intervention est nécessaire pour démarrer un traitement. Les vétérinaires forment un trait d’union essentiel et un coach précieux pour les éleveurs et propriétaires d’animaux.

Nous nous trouvons actuellement en pleine période de transition. Nous entendons souvent dire que « l’utilisation des antibiotiques ne diminue pas assez rapidement », mais l’effet à long terme revêt plus d’importance. En 2016, l’usage total d’antibiotiques chez les animaux a encore diminué de 4,8 % par rapport à 2015. Je suis convaincu que cette baisse de la consommation va continuer ces prochaines années, notamment grâce à la poursuite de l’optimisation de la prévention des pathologies animales. La tendance à la baisse des données de résistance mesurée par le Centre d’Étude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques (CERVA) et l’Institut scientifique de Santé publique (ISP) montre que l’approche durable fonctionne et obtient des résultats. »

QUELQUES CHIFFRES

En 2016, l’usage total d’antibiotiques chez les animaux a diminué de 4,8 % par rapport à 2015 ;

L’utilisation d’antibiotiques dits critiques pour l’être humain a baissé de 53 % en 2016 ;

Au cours des cinq dernières années, l’usage d’aliments médicamenteux contenant des antibiotiques a diminué de 38 %.

Source : rapport BelVetSAC 2016

 

[1] Cet objectif de réduction fait partie du plan Vision 2020, le plan sectoriel de la politique antibiotique en Belgique jusqu’en 2020, porté par les partenaires d’AMCRA, au nombre desquels pharma.be.