Dr Herbert Ossemann (Prodivet - entreprise familiale) « En matière de santé animale, il faut agir avec mesure et responsabilité »

11/10/2017

Une rencontre avec le Docteur Herbert Ossemann, directeur général Prodivet Pharmaceuticals.

Prodivet Pharmaceuticals est une entreprise familiale, tout a commencé il y a près de 30 ans.

Dr Herbert Ossemann : « J’ai travaillé près de 20 ans comme vétérinaire praticien pour grands animaux. Diplômé en 1974 je me suis principalement concentré sur les bovins et les chevaux et ce jusqu’en 1993. Avec mon épouse, nous avons créé Prodivet Pharmaceuticals en 1983 et dès ce moment nous nous sommes concentrés sur la recherche. Nous avons aujourd’hui une gamme de produits composée en majeure partie de spécialités développées et perfectionnées dans nos laboratoires grâce à une équipe pluridisciplinaire de vétérinaires bien sûr mais aussi d’ingénieurs, de pharmaciens…

Ma vie professionnelle me procure une satisfaction personnelle intense. Le fait de toucher tous les jours aux aspects scientifiques de notre métier m’a appris que plus on croit savoir, moins on sait. »

Quelle est la philosophie de votre entreprise ?

 Dr Herbert Ossemann : « Notre mission est de défendre le bien-être animal par une utilisation responsable et optimale des médicaments.

Pour y parvenir, nous avons un slogan : « Toujours à l’écoute de ceux qui soignent ».

Nous encourageons l’interaction entre Prodivet Pharmaceuticals et les vétérinaires mais aussi entre les vétérinaires et les propriétaires d’animaux. On peut parler de véritables partenariats ! »

Ces dernières décennies, quelles ont été, selon vous, les percées majeures de la santé vétérinaire ?

Dr Herbert Ossemann : « Depuis la fin de mes études, beaucoup de percées ont été réalisées et je n’en cite que quelques-unes :

  • Le perfectionnement de la vaccination et des protocoles vaccinaux

  • L’imagerie médicale de plus en plus accessible

  • La chirurgie des tissus mous et l'orthopédie

  • L’ophtalmologie

  • Le développement des examens complémentaires et du diagnostic

  • La gestion des exploitations bovines et porcines

  • La médecine sportive du cheval

  • Le développement de médicaments très ciblés se substituant aux médicaments de type « thériaque» *, une évolution très positive qu’il est nécessaire d’encourager.

La recherche scientifique amène de nouvelles molécules, mais les anciennes qui ont déjà fait leurs preuves peuvent être perfectionnées et adaptées aux techniques modernes, elles restent toujours intéressantes. »

*Thériaque : combinaisons de médicaments non spécifiques.

 Quels sont selon vous les défis pour le secteur de la santé animale en général ? Comment voyez-vous l’avenir ?

 Dr Herbert Ossemann : « Il faut être pragmatique et agir avec mesure et responsabilité. Un bon exemple est celui de la résistance aux antibiotiques, il ne faut pas prendre des décisions à l’emporte-pièce mais bien agir de manière « chirurgicale ».

Il est évident que les antibiotiques restent nécessaires, mais il faut les utiliser de manière très ciblée. Il faut donc trouver des solutions pour affiner les diagnostics.

Pour relever les défis futurs, nous devons avoir des outils de diagnostic rapide qui soient fiables et abordables, adopter, autant que possible, des thérapies individuelles et soutenir les traitements qui s’attaquent directement aux causes de la maladie plutôt qu’aux symptômes. »

Quels sont les défis propres à une entreprise familiale telle que Prodivet ?

Dr Herbert Ossemann : « Je veux que mes équipes restent attentives à l’actualité afin d’anticiper au mieux les défis de la médecine vétérinaire. Notre entreprise doit suivre les évolutions technologiques mais en gardant un regard professionnel. Il faut aller vers plus de médecine préventive. Enfin, sur le plan entrepreneurial, nous devons sans cesse conquérir de nouveaux marchés en vue d’assurer la rentabilité. »

Qu'est-ce qui, selon vous, fait la spécificité et la force d’une entreprise familiale dans le vaste paysage de la santé animale ?

Dr Herbert Ossemann : « Clairement la proximité avec les vétérinaires ! J’ajouterais aussi la flexibilité typique d’une structure familiale. Elle nous permet de nous adapter en permanence aux besoins des acteurs de terrain. »