Des économies suffisantes sur les médicaments innovants

Le gouvernement De Croo est tenu de rechercher des économies suffisantes pour remettre le budget belge sur les rails en 2022. Toutefois, l'accord de coalition prévoit que les dépenses de santé peuvent augmenter de 2,5% par an en termes réels au cours de cette législature. C’est compréhensible, notamment en raison du vieillissement de la population et des nouveaux besoins en matière de soins de santé. Il est souvent fait référence aux nouveaux médicaments innovants qui seraient responsables d'une forte croissance des coûts des soins de santé.

Il est vrai que les médicaments innovants ne sont souvent pas bon marché. Cela s'explique notamment par des coûts de développement élevés, des traitements plus ciblés, presque sur mesure pour le patient, et des traitements plus pointus destinés à un groupe limité de patients atteints d'une maladie rare, ce que l'on appelle les médicaments orphelins. Mais malgré les percées dans ce domaine, qui ont permis des avancées majeures en matière de santé, nous constatons que la croissance budgétaire des médicaments innovants reste limitée.

Selon les estimations techniques de l'Inami, leur budget n'augmentera que de 1,4% en 2022, contre une augmentation de 2,5% plus l'inflation pour les soins de santé en général. Cette croissance modeste tient compte des 180 millions d'euros d'économies imposées au secteur dans l'accord de coalition. En d'autres termes, le secteur pharmaceutique assume sa responsabilité budgétaire, mais atteint progressivement les limites du système. L'intention ne peut être que les patients belges se voient refuser l'accès aux traitements les plus récents, simplement parce que le régulateur donnerait, par exemple, systématiquement la priorité aux médicaments plus anciens dont les brevets sont sur le point d'expirer pour le traitement de la maladie.

 

En tant que secteur, nous soutenons pleinement les principes de soins appropriés (appropriate care) qui peuvent conduire à des gains d'efficacité. Toutefois, ceux-ci doivent avant tout conduire à des soins appropriés pour le patient et ne peuvent constituer une mesure d'économie aveugle. D'autant plus que la croissance du budget des médicaments se fait principalement dans le segment des anciens médicaments et non dans celui des nouveaux médicaments innovants.

Caroline Ven, CEO pharma.be

Caroline Ven - ceo pharma.be